06 novembre 2006

El Laberinto del Fauno.

(J’aime aussi les titres originaux espagnoles, mais vous l’aurez comprit, je parle du Labyrinthe de Pan. ^^)

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1944, la guerre civile espagnole s’est achevée avec la victoire des franquistes, et la dictature règne sur le pays.

Ofelia, fillette de onze ans, se retrouve suite au remariage de sa mère contrainte de vivre dans un camps militaire perdu en pleine forêt, ou le capitaine et plus haut gradé du camp, chargé de mener la lutte contre les maquisards républicains dissimulés dans les bois,  n’est autre que son beau-père. Un environnement hostile ou Ofelia sera privé de soutient. Son nouveau père ne lui prêtant même pas un regard et sa mère étant accaparée par une grossesse difficile.

Elle s’évade alors dans un univers fantasmagorique, peuplé de créatures étranges qui lui révèlent sa nature véritable : Ofelia est la réincarnation de la princesse d’un royaume souterrain, et son véritable père, le roi, attend depuis des années son retour. Il a alors chargé un faune de la soumettre, lorsqu’elle e manifesterait enfin, à trois épreuves, destinée à s’assurer que sa nature surnaturelle n’a pas été altérée par la vie terrestre… Ofelia décide alors de suivre ce périple peuplé d’insectes fées et de monstres étranges, avec à la clé, l’espérance d’échapper définitivement à la violence bien réelle qui flotte en permanence sur le camp.

Mais seulement, son refuge imaginaire est nourri de l’horreur ordinaire, est ses créatures de cauchemar représentent métaphoriquement ce à quoi elle voudrait échapper.

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Ce filme est d’une richesse indéniable. Ce qui frappe tout d’abords, c’est la beauté plastique. Les personnages sont campés dans un clair-obscur oppressant, évoluant dans des décors sombres. L’inventivité du réalisateur permet de faire se succéder une quantité d’images fortes, aussi bien du coté du bestiaire que pour décrire une violence d’autant plus insoutenable qu’elle est réaliste. La figure paternelle est centrale la quête imaginaire d’Ofelia devrait lui permettre de retrouver son père, et Vidal, l’incarnation du Franquisme, est marqué par le souvenir du sien, qui en mourant au combat à cassé sa montre afin que son fils sache l’heure se mort héroïque.

Sans doute ne suis-je pas aller voir ce filme dans un était d’esprit adéquat, sûrement avec les mauvaises personnes et, en plus, la salle était pleine de collégiennes qui hurlaient à s’en décoller les poumons à chaque apparition d’un insecte à l’écran. Mais la plus part du temps j’avais envie d’être n’importe ou ailleurs que devant l’écran. Del Toro tente de faire s’interpénétrer les deux univers qu’il dépeint, tente de permettre à l’un d’évoquer l’autre avec subtilité, tente de nous convaincre du bien-fondé de sa démarche et échoue à chaque étape. Le fantastique côtoie le réel, mais les deux aspects du filme se superposent sans se mélanger, comme si dans le sandwiche, ils étaient  le pain et la garniture. La quête, qui devrait être une subtile parabole, use lourdement de ses monstres abjects, et rend le tout difficilement digérable.

Et enfin, les personnages réels ne parviennent jamais à obtenir une respiration, un espace ou exister, étouffe sous leur archétype. Il y a le méchant beau-père, qui partage son emploi du temps entre tripotage de montre, et découpage de doigts des gentils maquisards, les gentils rebelles de la forêt, qui en sont pas des ratons laveur en 3D, mais des républicains, ne nous trompons pas de film, et les agents doubles, qui aident les rebelles tout en travaillant au camp, un genre de schtroumf bleu qui serait peint en noir.  Et il y a Ofelia, à qui nous devons cette galerie simpliste puisque nous voyons tout à travers ses yeux jeunes de onze ans. Mais cela ne justifie pas un traitement pareil, est-ce qu’on est la juste pour dire que « la dictature, c’est mal » ? Sans s’appuyer sur autre chose que ces figures caricaturales ? Si c’est le cas, alors il n’était pas nécessaire de déballer tant de décors grandioses, tant de décors de carton, tant de démonstrations lourdement explicatives : on était déjà au courant, merci.

Heureusement la spécificité du filme permet de prolonger ce propos d’un questionnement sur le fantastique, le rêve, la fiction. L’Imaginaire est ici pervers, il nous ressert, avec un emballage un peu exotique, le même plat amer de l’atrocité quotidienne. Mais la réalité est pire. Elle est un vrai ballet de monstres horribles, irrécupérable, répugnants, sadiques, d’autant plus redoutables qu’ils n’annoncent pas d’emblée la couleur, qu’ils sont libérés des enchantements étranges qui ont permit à Ofelia de triompher de leurs alter ego de cauchemars.

Pour appuyer sa thèse, Guillermo Del Toro joue, outre l’ambiance claustrophobe, sur un montage un poil plus démonstratif que les normes actuelles. Une manière délicatement insupportable de faire durer la scène d’amputation quelques dixièmes de secondes de plus que dans, par exemple « Master and Commander » (pour citer le premier exemple qui me vienne à l’esprit, au demeurant excellent film), qui change tout.

Du coup, le film joue avec nos nerfs d’un bout à l’autre, et ne se contente pas de faire chouiner votre tante bibiche sur le thème indémodable de l’atrocité du monde, ni de faire s’extasier votre copine zaza sur la réussite du coté répugnant. Les deux entrent en osmose pour que ça nous reste bien sur l’estomac. Charmant. Je veux bien supporter plein de trucs atroces, mais j’aurais aimé que ce soit justifié par une démonstration un peu plus palpitante, car lorsque l’on sort de la salle obscure, il ne reste rien du film, pas la possibilité d’un questionnement, rien  que le malaise, et la certitude déprimante en elle-même, mais aussi ennuyeuse de banalité, que la dictature est une chose atroce, et l’enfance une chose fragile.

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Posté par Flies à 22:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur El Laberinto del Fauno.

    Secouée

    Je suis sortie de ce film assez secouée et en larmes. C'était il y a trois ans, je ne me souviens plus très bien de tout. Mais je me souviens qu'il m'a souvent horrifié et fait peur, surtout le faune et le beau-père franquiste. La fin m'a perturbé, je m'en souviens, par contre je ne me souviens plus pourquoi, puisque je ne me souviens pas de quand ça finissait!!
    Mais je sais que j'ai beaucoup aimé, malgré le fait de l'avoir vu dans un contexte petits cousins entre 1 et 10 ans (j'avais à cette époque là, 16ans) sortant et entrant dans la chambre, oncle buvant du coca à outrance et deux trois adultes (parents des petits) passant de temps à autres et faisant des commentaires idiots.
    Mais en fait, il se trouve là, présentement, que dans 9h10, chers amis, j'ai un test de validation interne en techniques d'analyse de texte du théâtre, que je regrette de ne pas avoir plus étudié - vu mon intérêt en la matière. Je m'en vais donc te laisser là.

    Posté par isabeling, 27 mai 2010 à 23:09 | | Répondre
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