19 octobre 2006
La Jeune fille de l’eau
Ca fait longtemps que je suis tenté de parler du dernier Shyamalan, et renonce par paresse, et par crainte, tant ce film m’a impressionné. Je prends donc mon courage à deux mains, et me lance enfin. Mais cette décision est due à un épisode récent de mon histoire personnelle que je m’empresse de vous communiquer, postulant d’emblée l’intérêt profond que le lecteur peut prendre à la découverte de ma trépidante et passionnante existence. Ainsi, voilà quelques week-ends en arrière, alors que j’étais en famille à la campagne dans un lieu où la télé ne passe pas (enfin si arte, mais bon…), je fus chargé d’amener des dvd histoire de rentabiliser le home-cinema fraîchement installé là-bas. Fourbe, et oublieux de la consigne, j’optais en catastrophe pour deux films à portée de main et d’envie : Signs et Le Village, tous deux de Shyamalan. Consternation lors de la découverte du choix proposé. On critiqua copieusement mon obsession quasi monomaniaque pour certains objets et la ténacité dont je faisais preuve en m’acharnant à toujours les proposer, ou plutôt les imposer à mon entourage. Je proposais un scrabble ou pire, un monopoly, si ça leur plaisait pas, et que de toute façon, c’était pas parce que c’était en gros la cinq ou sixième fois – huitième m’objecta-t-on pernicieusement – qu’on voyait un film qu’on s’en lassait, au contraire, il y avait là matière à développer un autre regard, à faire de justes trouvailles, étant donné qu’il était certain que la moitié de tels chef-d’oeuvre avait dû leur passer au-dessus de la tête. Par ailleurs conciliant, et afin d’aplanir les difficultés, je me dévouais pour servir à chacun un verre de génépi, constatant du même coup la nécessité prochaine à retourner se réapprovisionner du côté d’une station de sport d’hiver.
Le Village fut enfin choisi. Et sitôt commencé, je ne pus m’empêcher de commenter le rire de Noah dans les première scènes, lorsque la présence de ceux-dont-on-ne-doit-parler est mentionnée : rire de celui qui déjà sait que tout ceci n’est qu’une fable, qu’une comédie ; rire de l’innocent qui est le véritable éclairé, de l’idiot qui seul connaît la vérité, figure anticipé de l’aveugle qui guide la communauté dans les ténèbres. Après avoir essuyé quelques huées violentes, et des dénégations concernant ce que les ignorants ne se privèrent pas de nommer « mes élucubrations », je me rabattis sur mon verre, maugréant que de toute façon j’avais raison, qu’apparemment ça valait le coup de revoir le film puisque personne ne s’en souvenait. Et là, l’illumination me frappa. Nous en étions à la fin du film : l’héroïne sort de la forêt, et change de monde. Elle rencontre un homme qui va lui servir d’adjuvant. Il doit lui donner un remède, devient détenteur de son secret, la considère comme une créature fantastique, et lui fournit le moyen de rentrer chez elle, où son retour verra son assomption en tant que leader spirituel futur de la communauté. Ainsi, l’ensemble de La Jeune fille de l’eau m’apparut comme un développement direct de ce motif déployé à la toute fin du Village, film précédent du réalisateur. La cohérence de l’œuvre, et sa progression maîtrisée me stupéfièrent. C’est cela qui me motive aujourd’hui à présenter La Jeune fille de l’eau. (Ah, et puis aussi je me disais qu’il était temps que je me mette à parler cinéma sur le blog) (Ah également : mes titres sont très abusivement tiré d’Agamben, mais bon je leur trouve une pertinence sinon de fond du moins de force) (Ah, enfin: je présente et dissèque un peu; ça fait longtemps que le film est sorti, je m'épanche un peu, et puis comme c'est le grand film sorti jusqu'à présent cette année, je peux bien y passer un peu de temps; mais pas d'inquiétude: pas de spoils décisifs (enfin je crois)).
.
Magnifique ophélisation de l'héroïne.
Image recomposée, ou tout est imbriqué dans les moindres détails, mais totalement absente d'un film qui n'aura de cesse de lutter contre elle...Et déjà l'idée que le temps joue...
.
Enfance et histoire
Ce film se présente comme un conte pour enfant. Comme à son habitude, Shyamalan utilise des codes génériques : histoires de fantômes, de super héros, d’extra-terrestres, de monstres sylvains, et ici quasi conte de fées, avec une ondine dans le rôle principal. Ce contexte narratif est souligné plusieurs fois, puisque les codes de l’histoire pour enfants sont caricaturés à travers le critique de cinéma, mais aussi avec le nom de l’ondine, Story, ou encore les épisodes de narration indirecte proposés à travers la famille chinoise. L’héroïne doit accomplir une quête dans le monde des humains, se faire connaître de certains d’entre eux, trouver parmi eux les représentants de catégories d’adjuvants précis, et retourner dans son monde une fois sa tache accomplie. Les rôles que jouent les habitants de la propriété rappellent les archétypes des personnages de contes. On les retrouvent ans beaucoup d’études sur ce genre (je vous passe les structuralistes russes, mais bon, en gros ça part de Propp et Todorov). Un jeu s’installe donc autour de ces catégories : il faut les définir, et trouver leurs équivalent dans le groupe proposé. Les fonctions sont à attribuées, et des rôles sont à tenir. Les personnages se trouvent investis d’une mission, d’un autre rôle à tenir, par-dessus celui, inexistant en fait, qu’il avait originellement dans le film.
Ce décalage réflexif est d’abord emprunt d’un très fort humour, les personnages, banals, doutant de l’histoire dans laquelle ils sont embarqués. Ils décident de faire confiance à une jeune femme, potentiellement hystérique, dont les pouvoirs magiques restent totalement à prouver. Ils le font par bienveillance, par gentillesse. Ils se racontent à eux-mêmes une nouvelle histoire. Ils doivent faire l’épreuve de la redécouverte de leur statut d’enfant, distant, à réactiver, et de toutes les conséquence que cela implique. Cette tonalité humoristique est relativement nouvelle chez Shyamalan. Jusque là l’humour était assez discret. Presque absent des deux premiers films, il commence à se diffuser dans Signs d’abord autour des enfants, puis un peu dans Le Village comme dans la scène de la déclaration d’amour de la sœur d’Ivy. Dans Lady in the Water le cadre quasiment parodique se déploie complètement, notamment avec le critique de cinéma qui tient un rôle tout à fait caricatural, mais dont la caricature même va faire sens. Il s’agit de monsieur Farber, dont le nom même indique son aspect besogneux, éloigné de toute poésie. On peut voir dans ce nom l’opposition entre l’être « vates », prophète, inspiré, et celui « faber », ouvrier, se tuant à la tâche. Ici le critique est bien celui qui a renoncé à l’enchantement du monde, celui pour qui la poésie n’est qu’assemblage et combinaison de règles, sans portée, sans discours, sans histoire finalement. Celui qui a définitivement renoncé à l’enfance, et donc à son pouvoir de parole, à sa capacité à raconter même. C’est bien cela que Shyamalan combat de manière comique : loin d’être cette revanche sur les critiques qui ne l’auraient pas compris, ce film montre qu’il est possible, en exhibant à outrance les codes narratifs que l’on utilise, de raconter une histoire dans laquelle le spectateur va se laisser prendre et emporter. Et cela en tenant en plus un discours sur le cinéma et la société. Montrer les ressorts de la poésie ne revient pas à y renoncer, au contraire. Cela en constitue juste une modalité renouvelée de son usage. Car ce film est bien ce qu’il annonce dès le début : un conte poétique, empruntant un ton léger, souvent drôle et décalé.
.
Une jeune fille privée de piscine, et qui, incapable de retourner de l'autre côté du miroir trompe sa peine avec un reflet. La surface reste impénétrable.
.
La communauté qui vient
Mais le propos se veut également dramatique. Comme dans toute histoire, l’héroïne court un danger. Celui-ci est personnifié par un monstre pelouse, gros chien aux yeux rouges et à la mâchoire intimidante. Cette bête est capable de se camoufler dans l’herbe en s’aplatissant afin d’attaquer sa proie sournoisement. S’il y a critique de la critique cinéma dans ce film, à mon sens c’est plutôt là qu’il faut en voir une image… Comme souvent chez Shyamalan, le monstre est à deviner. Il se cache, ou ne l’aperçoit que mouvant, dans des reflets, le plus souvent montré comme étant dans le contre-champ (et ce dès la première scène, parodie d’emblée de l’ensemble du film). Dans cette histoire, cette menace est un obstacle entre Story et son monde, un opposant qui l’empêche de rentrer chez elle. Dès lors, pour remédier à cet obstacle, le concierge qui a recueilli Story tente de constituer autour d’elle un communauté à même de l’accompagner et de la protéger. Ce principe d’une communauté fait écho au Village, mais semble en inverser le propos. D’une vision pessimiste il semble que l’on passe à une construction plus optimiste. La communauté qui se constitue se donne un but pratique, existe pour une tâche donnée, erre et cherche la justesse de ses fondements sans installer un fonctionnement arbitraire et trompeur. Elle devient elle-même quête, celle menée par le film finalement. La communauté relie donc des êtres quelconques auxquels la situation va donner un sens ou une fonction. Les limites posées par le modèle du Village, et que tout le film éprouvait, sont donc ici balayées : la construction se fait à tâtons, suivant les nécessités, et n’est pas imposée d’essence. Un modèle souple se substitue à un modèle rigide.
Mais derrière ce premier niveau de la communauté se dessine un hors-là du film à travers le personnage de l’écrivain. Derrière la communauté de l’immeuble se dessine celle d’un pays, d’une société. L’écrivain devient un maillon d’une chaîne de sens pour le devenir du monde. De la découverte du vaisseau dépend ainsi un double destin : celui de tous, et celui individuel de cet écrivain. Il y a là une figure messianique très affirmée. Ce motif est présent dans tous les films de Shyamalan : l’idée d’un guide pour une communauté est insistante chez le réalisateur. De plus, ce guide est soit lui-même caché, soit lié à une notion de sacrifice, direct ou indirect. Ces figures se superposent souvent, mais dans Lady in the Water cela se multiplie, se retrouve dans de nombreux personnages, comme diffracté en une multitude. Je ne ramènerai pas ça au discours de Shyamalan lui-même qui se présente comme figure messianique, mais cela insiste sur la croyance nécessaire à la fois à la construction de l’œuvre d’art et à la constitution de la communauté. Il faut un engagement sous forme de foi dans ce qui est à accomplir.
.
C'est vrai, vue comme ça, elle a l'air d'une belle brochette de bras cassés cette communauté, mais bon...
Le temps qui reste
Il y aurait beaucoup à dire sur la ramification du grand thème de Shyamalan, à savoir la Frontière. Mais il est là directement mis en relation avec le procédé de la révélation. Il ne s’agit pas comme dans les précédents films de faire découvrir au spectateur quelque chose qui va bouleverser sa vision du film. Petit à petit Shyamalan abandonne cette facilité narrative. Mais de multiplier les découvertes presque anodines qui provoquent un sentiment permanent de révolution du regard. Il s’agit de creuser les apparences en permanence, d’aller sous la surface, et en ça l’image de la piscine voyant émerger une nymphe est éloquente, comme l'est tout le jeu autour des hors champs. Mais ce qui se dégage de tout cela est une communication entre cet avant et cet après de la révélation. Cela est manifesté par l’image des répercussions des actes accomplis dans un monde sur l’autre monde dans le film. Des univers communiquent dans l’espace comme des événements communiquent dans nos vies. Une sorte de conscience du temps s’installe, de son travail. Cela est perceptible à travers les phénomènes de génération dans le film, ou par l’évocation du travail du deuil de son passé ou même de son avenir. Les temps n’est pas à venir, il est infiniment présent. Il reste et s’impose comme tel, laisse des traces : souvenirs, phobies, contes oubliés…
Mais le temps est aussi celui de la narration, du film même. C’est le temps de l’histoire qui nous est présentée. Et la gestion du temps prolonge ici tout le travail de Shyamalan autour des flash-back, leur donnant un sens propre et non plus seulement dramatique de révélateur. Le montage de Lady in the Water m’a fasciné. Alors que l’on quitte Story pour son premier envol, nous la retrouvons éplorée dans une douche. L’ellipse est violente, la cohérence de la narration mise à mal. Nous ne découvrirons ce qui s’est réellement passé que plus tard, mais semble-t-il sans nécessité d’élucidation. Là encore le glissement d’un niveau à l’autre est comme gommé : deux scènes se suivent dans l’ordre du film, mais ne se suivent pas dans l’ordre de l’histoire. Le flash-back s’impose comme maladroitement. Il fait comprendre certains éléments, mais ils avaient eu le temps d’être déduits par le spectateur, et sa longueur fait qu’il déborde la simple fonction d’éclaircissement. Cette construction assez étrange se comprend je crois à la toute fin du générique. Dans un panneau, en guise de pirouette comique, Shyamalan reprend la parole et s’adressant à ses filles leur dit quelque chose comme « je la raconte encore une fois puis au lit ». En plus de réaffirmer sous forme de boutade d’univers de conte du film, cela précise le type de narration mimée, quasi orale. Il y a un conte et un conteur. Ce conteur tente de coucher ses filles sans succès. L’ellipse et le flash-back peuvent alors être compris, la première comme une tentative de la part du narrateur d’accélérer le récit pour coucher ses filles plus tôt, et le second comme le rappel des enfants qu’un épisode manque et u’il faut le raconter. C’est le statut même de ces procédés narratifs qui est mis là en lumière, en plus de toutes leurs autres fonctions habituelles, dans cette simple mention finale. Une fois encore sous la surface un autre univers se laisse deviner, une autre construction. Mais à chaque niveau la même idée qu’il y a bien un temps qui s’écoule, se répète ou se reprend, et reste.
.
Quelques traces qui s'échappent pour finir.
16 octobre 2006
Indigènes
Après un récent passage dans les salles obscurs (Enfin ! Ca faisait longtemps... ^^), je me suis fait un devoir de vous présenter un film génialissime, le bien nommé Indigènes, réalisé par Rachid Bouchareb.
Cette fiction (et j'insiste sur ce mot et j'y reviendrais plus tard) "historique" nous narre le périple de quatre compagnons d'armes se déroulant entre 1939 et 1944 (avec un petit passage en 2004) entre le Maghreb et l'Alsace. On suivra leur parcours semé d'épreuves à la recherche d'une sorte de Graal, chacun ayant un sens symbolique différent suivant le personnage.

Ces quatre jeunes hommes, incarnés par Jamel Debbouze (Said), Samy Nacéri (Yassir), Sami Bouajila (Caporal Abdelkader) et Roschdy Zem (Messaoud) incarnent à eux seuls toutes les tragédies qu'ont pu subir les tirailleurs africains (et par extension tous les imigrés) pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Ici, point de diabolisation à outrance, ni des allemands (pas très présents), ni des supérieurs hiérarchiques (qui sont quasiment autant de salauds que pas), simplement des faits, tous plus crédibles les uns que les autres. Pradoxalement, j'ai l'impression que c'est le choix de réaliser une "vraie" fiction qui a permis autant de vérité, de cohérence, car le fait de traiter un tel sujet sous une forme pseudo-historico-biographique a tendance à tenter de rendre les "gentils" plus gentils, à les faire passer pour de vrais héros, et de rendre les "méchants" encore plus vils et salauds.
Mais la fiction permet de se détacher de tout ça, on nous narre une histoire où l'humanité même du plus pourri des Hommes nous émeut et nous touche vraiment. Qui plus est, qui dit fiction, dit quasi-liberté pour traiter un sujet qui tient à coeur comme on le désire.
En plus de celà, dès le début du film, dès le générique, un constat s'impose : C'est Beau ! C'est extrêmement beau. A l'oeil comme à l'oreille.
Mais connaissant l'Histoire (avec une majuscule), ce constat se mêle inconsciemment, imperceptiblement avec un autre sentiment : tout cela est d'une tristesse intense (pour diverses raisons), mais subtile. On la ressent sans y penser, comme si elle se réservait pour mieux nous atteindre.
Et tout au long du film, ces deux sensations s'entremêlent, se repoussent l'une l'autre. Un mélange auquel vient s'ajouter une terrible cruauté au vue des images, mais encore une fois assez fine pour ne pas désaquilibrer le film. Nos sentiments sont balancés dans tous les sens, telle la houle des vagues, sans pour autant nous donner le mal de mer.
Mais tous ces sentiments frappent quand tout s'arrête. Dès que les noms commencent à défiler à l'écran, d'un coup les larmes me sont montées au yeux, comme une prise de conscience tardive. Je ne m'y attendais pas du tout, vu que tous les moments cuels du film étaient déjà passés. Ce film fait travailler l'esprit.
De surcroît, la force du message (qui a souvent été évoqué par ci par là) semble ici accrue. Ce message nous touche de plus ou moins près certes, mais nous touche plus fort que d'habitude quand même.
La raison ? Le silence !
L'une des grandes forces du film réside dans le non-dit. Ici, une intonation, une (non-)réaction ou simplement un regard en dit plus long et traite certains sujets plus profondément que le plus long des discours. Et par là même tout ceci nous reste plus longtemps en mémoire car le film fait travailler son esprit critique pour arriver à faire passer même la base du message.
Il y a par exemple une scène où l'on voit le Caporal Abdelkader rentrer chez lui.
Comme ça, je suis d'accord et je l'admets volontiers, cela ne semble pas frappant. Mais je mets au défi quiconque de ne pas ressentir la lourdeur (de sens) de cette action.
Beaucoup de scènes, minutes, secondes de ce genre parcourent le film.
De plus la période pendant laquelle se déroule le film le rend encore plus puissant. En effet, pendant que le monde fustige les Nazis, un racisme profond s'installe en France, sous couvert des évènements et sans que personne ne fasse rien (ou pas grand chose).
Cette fiction est plus qu'efficace : elle est subtile et servie par des acteurs qui n'ont pas toujours été bons, mais géniaux dans Indigènes.
Je vais donc vous présenter une autre des (très) grandes forces de ce film : les quatre acteurs/personnages principaux (je ne pourrait pas vraiment parler de l'acteur en soit, tant il se fond dans son personnage), tous plus vrais (que nature) les uns que les autres.
Samy Nacéri (aka Yassir) :
Il entre avec son jeune frère dans l'armée française, principalement pour l'argent. Il se fiche pas mal de la France pour qui il se bat mais est prêt à tout pour gagner un peu plus de sous pour mieux vivre et offrir un mariage à son frangin. Il semble terrible au début du film, mais paraît s'adoucir tout du long, au fur et à mesure qu'on commence à le connaître et le comprendre.
En tout cas Samy Nacéri (l'acteur) est méconnaissable dans ce film. Personnellement j'adore.
Jamel Debbouze (aka Said) :
Il joue le rôle d'un homme plus ou moins simplet, cherchant la reconnaissance, non pas nationale, mais d'une personne quelconque, pour suivre sa route jusqu'à un but indéfini.
Pour ce rôle, Jamel s'est totalement débarassé des toutes ses mimiques habituelles (et ce doit être très dur quand on voit que certains grands acteurs se sont fait bouffer par ces dites mimiques, comme De Niro par exemple) et confirme une chose : je suis vraiment fan de lui.
Et puis il arrive quand même à faire sourire malgré tout, une âme de comique ne se perd jamais...
Sami Bouajila (aka Le Caporal Abdelkader) :
Il incarne un homme de devoir qui donne tout ce qu'il a pour servir la France (c'est "SA" patrie). Il essaye plus que tout de prouver que même étant Maghrebin, on a aussi des droits et que l'on est capable de faire aussi bien que tout le monde. C'est pour ça d'ailleurs je pense qu'il a passé les concours de gradés. Il est juste et n'a aps de parti pris, assez sage et magnifiquement rendu vivant par Sami Bouajila.
Roschdy Zem (aka Messaoud) :
C'est sans doute le personnage principal dont on en connaît le moins, et qui paraît du coup plus "normal".
Mais le personnage se développera néanmoins grâce à une "histoire d'amour" (non y'a pas d'eau de rose là dedans) mettant en avant la dureté de la censure militaire du courrier, le peu de moyens de savoir ce qu'il se pase réellement sur le front (et d'y cacher les atrocités qui s'y passent, ou pas, mais ça tout le monde le sait déjà)) et le fait qu'il est très difficile après avoir goûté au "luxe" de la France de revenir là où il est né. Une sorte d'attachement profond non réciproque...
Il nous expose le rêve que peut représenter la France dans la tête de ces tirailleurs (qui portent alors très bien leur nom : rester dans ce beau pays, où retourner dans un autre plus pauvre mais où se trouvent nos racines. Une question qui peut être élargie de nos jours avec ce même point en ajoutant que certains immigrés sont rejettés aussi bien en France, car étant "étrangers" mais aussi rejetés de leur pays d'origine, car étant "français").
Le tout servi par la bonne bouille de Roschdy Zem avec un peu d'humour ("pas de chance" ^^. vous comprendrez envoyant le film)
J'ai parlé uniquement de ces quatre là, mais plusieurs personnages secondaires auraient mérités leur petite description, comme Bernard Blancan (le Sergent Martinez).
Donc ces quatre bonhommes représentent chacun une facette de toutes les peines qui tiraillaient ces "faux" français, se battant pour (libérer) la France, leur patrie (mais eux ne sont pas ses citoyens), parce que c'est "leur" pays, mais qui ne seront pas honorés come les autres, enfin non, ils ne seront tout simplement pas considérés comme les autres (ce qui n'est parfois pas plus mal).
Ils sont français sans l'être. De là naît une crise d'identité formidablement personnifiée par le Sergent Martinez, gradé français, qui va jusqu'à cacher ses origines maghrebines, mais gardant constemment sur lui une photo les lui rappelant. Le choix est libre d'interpréter comme on le désire cet acte. Pour ma part j'aime à penser que cela permet au moins au Sergent de pourvoir interférer au près de supérieurs hiérarchiques afin d'aider ces "Indigènes" venus d'Afrique (ceux venant d'Afrique Noire étant plus que mal traitée, ils n'ont même pas droit à un regard de leur chef avant de partir à l'abattoir), ces sans-noms, ces gens que les gradés français ne savent pas vraiment comment appeler. Même si c'est vrai qu'à ça, on ne peut oter la volonté sûrement de passer pour français pour avoir une meilleure vie, une meilleure réussite.
Pourtant, force est de constater leur utilité pour l'armée de ces personnes. Mais de suite après les combats, ils sont oubliés et redeviennet ce qu'ils étaient : des parias, des étrangers. Et on les laisse tomber, on ne les forme pas, ne les éduque pas, eux qui cherchent par tout les moyens d'obtenir de la reconnaissance de la France.
Et le constat final est assez déroutant : Morts, ils sont logés à la même enseigne que leurs frères d'armes français. Mais vivants, ils sont oubliés, considérés comme morts, le repos éternel en moins.
Pour conclure, je me contenterais presque de simplement vous conseiller d'aller voir ce film, parce que dans cette histoire, une grande part est laissée libre à l'interprétation et il serait fort probable que vous ne le voyiez pas du tout sous le même jour que moi.
En tout cas il s'agit d'un très très bon film, servi par d'exellents acteurs (qui méritent amplement leur prix d'interprétation masculine groupé au dernier Festival de Cannes) et par une musique envoutante.
Et un film qui fait du bien en cette période d'anti-musulmanisme primaire. Il est bon de se souvenir qu'il y en a des deux côtés qui sont en tort.
15 octobre 2006
Dans Paris
Malgré sa présentation très remarquée à la quinzaine des réalisateurs de Canne, la dernière réalisation de Christophe Honoré, est passé plutôt inaperçue lors de sa sortie en salle. Un oubli auquel on pouvait s’attendre, puisque cette œuvre partage l’affiche avec des films bien plus médiatisés comme « Indigène » ou «Un crime», et c’est pourtant assez regrettable vu la qualité du long-métrage.
Après une séries d’images classiques de la capitale ; des quais de la scène au métro aérien, en passant par la tour Montparnasse ; le film s’ouvre sur une séquence somme toute assez banale : un homme se réveille, dans un lit qu’il partage avec deux autres personnes, il sort de la chambre en silence, traverse un appartement, passe par un bureau ou sont père s’est endormi sur une chaise, lui confisque le mégot qu’il a au bec et sort sur la terrasse, s’appuyer sur la balustrade.
Jusque là, tout va bien, on est gratifié d’un joli plan de l’immeuble et de l’homme accoudé à son balcon ; image courante quand on se balade dans Paris le matin et qu’on prend la peine de lever le nez sur les façades. On revient sur le personnage, de dos, et on partage sa vue de la capitale ; et puis il se retourne, nous fait face, et il fixe la caméra : rien ne va plus.
Ce regard qui nous rappelle brièvement la présence de l’objectif gomme au même moment toute la distance prise par le spectateur, tranquillement installé dans son fauteuil, par rapport au film : c’est une apostrophe, pas une illusion d’optique, notre narrateur nous le confirme, et on se sent soudain impliqué dans l’histoire qu’il se prépare à raconter et dont il n’est pas le héro.
Il y a des histoires d’amour…
L’histoire d’un homme, de son couple, l’histoire d’une histoire à laquelle il ne croit plus avec une femme qu’il aime encore, l’histoire de leur rencontre, de leur rupture, de leurs joies, de leurs disputes, de leurs envies, de leurs prières, de leurs espoirs.
Leur vie, en bref, et une leur relation complexe et ambiguë qui les lie, où l’on ne sait pas bien s’ils s’aiment toujours ou se haïssent. Elle, c’est Anna (Joana Preiss), mannequin et mère du jeune Loup (Lou Rambert-Preiss) ; lui c’est Paul (Romain Duris), profession indéterminée. Quand ils se séparent, sur le coup d’une nouvelle dispute, d’une nouvelle incompréhension, il remonte sur Paris se réfugier dans l’appartement de son père chez lequel il espère pouvoir s’enterrer tranquillement pendant qu’on l’oubli et qu’il s’occupe de sa tristesse en entrant en dépression.
Il y a des histoires d’un jour…
L’histoire d’un garçon (Louis Garrel) qui devait arriver au Beau marché en 30 minutes et qui mit finalement plus de sept heures pour atteindre son but. Histoire d’un étudiant désinvolte, sur de lui, égoïste, qui en une journée couche avec trois filles différentes pour « raccrocher son frère à la vie ».
Une rencontre sur le périf’, ou il va monter sur son scooter avant de monter chez elle (Helena Noquerra), des retrouvailles anecdotiques (Alice Butaud), un baiser dans une vitrine (Annabelle Hettmann). Trois relations basée sur un personnage parfaitement épanouis et pourtant étonnant d’infidélité, relations qui ne sont pas faites pour durer et auxquelles, cependant, on s’attache parfois un peu trop.
Et des histoires de famille…
L’histoire de deux frères, de deux individus différents, ayant rompu le contact pendant de trop longues années ; et qui pourtant se connaissent encore par cœur. L’histoire de deux garçons qui vivent avec Mirko qui « ne connaît pas les larmes » (Guy marchand), papa poule séparé de sa femme (Marie-France Pisier). Deux garçons ayant perdu leur sœur douze ans auparavant ; deux frangins, deux complices, une proximité qui fait plaisir à voir quand on connaît soi-même les joies de l’amour fraternel ; deux plongeons dans la Seine, une nuit de franchise et deux adultes qui ressemblent de plus en plus à l’adolescent qu’on a tous été un jour.
Une famille éclatée, mais qui reste une famille, qui ressemble étrangement à la notre, avec son lot de tabou, de souvenirs, avec ses disputes et ses réconciliation, avec une devise : « Prend la peine d’ignorer la tristesse des tiens. ».
« Dans paris » n’est certainement pas le film à aller voir en ce moment si vous avez des envies d’engagement ou de message politique, catalogué dans les « comédies dramatiques », il tire de ses jolies prises de vue, de son action un peu minimaliste et de sa très jolie bande son un coté un peu « film d’ambiance » qu’il ne faut pas interpréter comme « vide de sens et/ou de scénario ». L’interprétation des acteurs est très juste, on croit retrouver entre eux les liens d’une vraie famille ; la complicité de vrais frères entre Romaine Duris et Louis Garrel (très drôle dans son rôle) ; les rancunes du vieux couple séparé entre Guy Marchand et Marie-France Pissier ; le lien entre un père et ses fils, plein d’affection, même s’il ne permet pas toujours de se comprendre.
Un film à voir donc, un très bon et très beau moment à passer.
08 octobre 2006
Starac-cident de parcours
L’heure est grave au château, amis épris de voix qui déraillent et de sentiments dégoulinants ! La crise couve au château avec un déroulement déroutant de cette saison, partie sous de problématiques auspices : des candidats qui d’entrée paraissaient savoir chanter, mais affublés du charisme des huîtres du bassin d’Arcachon déversées devant les locaux de l’Ifremer, attendant sagement que le soleil ravage et assèche leur chair flasque et odorante. Alors que l’an dernier avait très exactement montré ce qu’était une saison réussie de téléréalité, cette année le schéma se trouve bouleversé, et nous risquons d’assister au triomphe d’une médiocratie non pas comme en 2005-2006 illégitime, huée, mais bien légitimée, sûre de son fait, arrogante et persuadée de son mérite…
Des Fins de la téléréalité
Je ne vais pas bassiner tout le monde avec des considérations cent fois reprises partout. Mais pour ma part, je vis arriver le Loft avec des yeux ébahis, adhérant tout de suite à un format extraordinairement vif, scénarisé tout en ayant en lui les potentialités de l’implosion. Ca a été une machine à penser l’image tout à fait utile, efficace, problématique, mettant au jour des réactions aussi bien de fascination et de répulsion révélatrices. Néanmoins, mon enthousiasme de voir ce procédé poussé à son extrême limite afin de péter le système de l’intérieur fut douché par l’échec retentissant de Gloire et Fortune qui pourtant reste pour moi l’un des grands moments de télé de ces dernières années. C’en était fait du concept, si l’homme s’était bien retourné et avait vu la machine, il avait renoncé à sortir de la caverne, préférant mollement demeurer au fond du trou.
Mais l’an dernier j’ai renoué avec ces amoures déçues, devant me coltiner quotidiennement le programme dit de variété musicale et de divertissement humain (et, y a pas à dire, l’humain est diverti, sous forme de diversion, et l’on comprend mieux les critiques qui jalonnent les siècles à l’égard du divertissement, Pascal, à force de se retourner dans sa tombe doit être en petits morceaux). Et là surprise, ça dépassait mes espérances les plus folles. Incapable de sortir du modèle par le haut, les intermittents de l’image semblaient déterminés à en sortir par le bas, en creusant toujours plus profondément par la bêtise, l’orgueil, la mesquinerie, et surtout l’absence quasi-totale de qualités dites artistiques, enfin disons simplement qu’ils étaient incapables de chanter, et pourtant c’est tout ce qu’on leur demandait. Chaque jour j’oscillais entre hilarité complète ou honte pour ces personnages malmenés par la méchante petite boîte lumineuse.
Les 120 jours (et un peu plus) de Salo (pour ne pas être grossier)
C’est au cours de cette cinquième saison de la Staracademy que s’est dessiné un schéma des plus intéressants, directement emprunté à un chef-d’œuvre de Pasolini. Trente ans après on assistait à un remake de Salo ou les 120 jours de Sodome (je passe sur Sade car c’est bien d’images dont il est question). Depuis le cadre d’abord : un château antre de tout les voyeurismes, de tous les aspects humains, mêmes les plus tabous… Puis à travers les portraits et éliminations des candidats qui semblaient suivre selon le terrible trajectoire des trois cercles successifs, mâtinés d’interludes sexuels, à l’image du film, mais évidemment pseudo sexualistation, rapports sublimés, évoqués dans la starac, constamment sous-entendus comme se déroulant dans un hors champ dont on ne nous laisser voir que la façade et entendre quelques rumeurs à peine audible. Car l’on est bien dans un programme familiale, et la ménagère de moins de 50 ans, pas besoin de lui expliquer, suffit d’évoquer, et comme ça tout le monde est d’une certaine manière excité). Sexualité fantasmée, écran dans l’écran, ou écran de l’écran.
Mais surtout cette ce dessin rapidement révélé au gré des élimination : les trois cercles concentriques qui structurent le film comme ils rythment le programme télé. Cercle des passions, cercle de la merde, cercle du sang. Dans le comportement des candidats : enthousiasme hystérique d’abord, mesquinerie, mensonges et intrigues ensuite, affrontement frontal enfin. Dans le processus d’avancée du jeu, avec les éliminations :
- sorties des Fantômes en premier, ces candidats dont la présence semble empruntés, qui ne savent plus ce qu’ils font dans ce cadre, qui errent du lit aux salles de cours, des salles de cours au lit, ne retirant rien du lieu et n’y imprimant rien, remarquables donc par leur transparence, caractéristoique étonnante pour un programme d’images
- des Herbivores par la suite, faibles et/ou lâches principalement, présence à l’image, mais trop faibles par rapport aux autres, incapables soit de bien chanter/danser/répondre aux critères d’évaluation, soit de s’imposer dans le groupe par la force ou la nature, jouant des coudes en vain, geignant de ne pas avoir les crocs pour dévorer les autres. Catégorie la plus intéressante car elle regroupe ce premier niveau de l’incarnation, mais imparfaite. Ceux chez qui quelque chose déraille, chez qui il y a des éléments chaotiques irrécupérables malgré les efforts et tentatives des profs. Ceux qui font la « quotidienne » mais menacent le « Prime ». Ceux qui font le programme et menacent de le détruire.
- des Carnivores enfin soumis au régime de l’entre-déchirement.
Disparition des absents d’abord, des mauvais ensuite, des moins pires enfin. La logique semblait parfaite, la mécanique éprouvée. Les rôles étaient tenus par des personnages admirables, le tout dans un climat délétère, des crises constantes, une excitation (érotisation ?) permanente, une sorte d’ambiance finalement « épidermique », comme si l’image, cette pure surface prétendant sans cesse à la profondeur, s’assumait comme telle et devenait elle-même à fleur de peau.
Et au milieu de tout cela, comme chez Genet, et la parenté avec Pasolini se trouve un peu corroborée, une victime triomphante : Magalie. Extraordinaire aboutissement de cette saison, où une simple voix, désespérément en quête de désincarnation, et l’on comprend pourquoi, pas jolie, pas franchement gentille, et pas non plus formidablement douée, allait l’emporter. Tout a déjà été dit sur le sujet, mais ce qui m’a le plus frappé aura été la position que Magalie aura tenue de bout en bout de l’émission. Ancienne fan, elle le sera restée jusqu’au terme, retournant le phénomène d’identification. Là où les spectateurs aspirent à devenir comme leurs idoles, et voient dans ces candidats la potentialité de ce devenir, ils ont plébiscité celle qui refusait ce devenir et ne souhaitait que rester elle-même spectatrice. La quantité de séquences où l’on voit Magalie en train de regarder ses camarades comme si elle se trouvait toujours de l’autre côté de l’écran est considérable. Elle devint l’incarnation du spectateur dans le château, le redoublement du phénomène de voyeurisme, créant un effet de mise en abyme qui précisément est je crois la grande menace de la téléréalité. La starac 5 rejoint pour moi Gloire et Fortune, avec par différence un succès télévisuel, mais symétriquement un échec commercial retentissant pour ses acteurs, et surtout son héroïne. Mais le système avait été mis en péril, questionné, comme revisité.
Le Cercle des poètes disparus
Alors pourquoi je parle de ce truc dépassé et dont tout le monde immanquablement se fout? Certainement pour me donner bonne conscience, par une théorisation et une rationalisation sauvages, de regarder encore cette année la starac. Mais il semble bien que de la dialectique progressive qui amenait à traverser trois cercles infernaux, on soit passé au gris d’un cercle unique, mielleux et consensuel. Ainsi l’heure est grave citoyens cathodiques ! L’heure est aux changements profonds face à cette menace. Parce que ce schéma si violent, si extrême de l’an denier a bel et bien posé problème à ceux qui fabriquent ce produit, au point de le revoir de fond en comble. En même temps qu’une efficacité maximum atteinte par la mise en relief du médiocre, le programme a failli se dévorer lui-même. C’est très visible cette année, ou après une brève élimination des fantômes les plus évidents, ce sont les monstres du cercle de la merde qui sont déjà visés. Les cas les plus pathologiques, les vrais mauvais susceptibles d’apporter le déraillement à la fois nécessaire au programme et dangereux pour lui sont les uns après les autres mis au rebut. Eloïsha, vulgaire, bête et mauvaise est partie, Céline la jolie hystérique tête à claques aussi, et enfin Faustine la neuneu insupportable et incapable vient de prendre la porte. Leurs fonctions sont désavouées par le programme qui les a pourtant créées. L’année dernière, Jill, Maud ou encore Ely, équivalent lointain mais potentiels de ces candidates malheureuses étaient allé loin dans « l’aventure ». Restent, outre les Carnassiers, les Transparents rescapés dont le règne semblent se dessiner. Devant le danger d’implosion, la téléréalité se barricade, et fait le choix du médiocre terne contre celui flamboyant. Pas de vagues, pas de sexe, pas de cris. Des larmes oui, un peu d’hystérie contrôlée, des bons sentiments, pas les mauvais… L’humain filmé/enfermé se professionnalise, les fantômes s’incarnent dans des mannequins figés. Le détournement du juste milieu, de l’arêté aristotélicienne, semble être la voie de la « sagesse » qu’emprunte la téléréalité, sacrifiant toute autre voix, aussi bien le chant que le cri, aussi bien la sainte que la fée… Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron… Peut-être aurait-on dû rester là-bas…
30 septembre 2006
Histoire de famille. (msn)
Voici un texte fort pertinent qui vous fera comprendre l'interêt de ne pas abandonner toutes seules dans leur coin deux folles privées de leurs calmants :
Version live :
Grenouille bleue : Papaaaaaaaaaaaaaaaa schtroumf !
Liloo : Oui il nous a abandonné !
GB : Snif, salaud ! Il laisse une grenouille toute seule avec sa pauvre fille…
Liloo : Oui méchant père.
GB : Ca va faire un mélodrame tragique.
Liloo : Oui.
GB : On va écrire l'histoire tragique de notre vie ! è__é
Liloo : Ouiiiii !
……
Liloo: Once upon a time;
Une gentille grenouille,
Croassait gentiment ;
Un schtroumf vient à l'aborder
Et lui parlât en ces thermes :
"La boule d'or de ma mie est tombée dans la fontaine."
"Veuillez m'aider a la chercher ayant la phobie de l'eau je ne peut pas me baigner !"
La gentille grenouille : "Mais bien sur !"
*Plonge, nage, cherche, trouve*
"Voila votre boule d'or !"
L’enfoiré de schtroumf part sans un remerciement,
Mais il revient plus tard car sa mie la congédié.
Et ce qui devait arriver arriva : il tomba amoureux de la sublime grenouille (quoi mes chevilles??? non elle sont pas enflées !)
GB : *_* La belle histoiiiiiiiiiiiiire !
Liloo : Voila comment s'est passée la rencontre entre ton père et moi.
GB : Roooh ! Comme c’est romantique !
Liloo : Voui.
Après de nombreuse soirée dans divers restaurant avec beaucoup d'étoiles ;
Ils s'accouplèrent. (Oui c'est contre nature et alors???)
GB : (Quels termes délicats)
Liloo : Et de cette union corporelle il naquit un être adorable : une jolie grenouille bleue.
GB : Voui ! C’est moi !
Liloo : Dont le premier mot fut « Croumph » ; mélange de « Schtroumf » et de « Crooa ».
GB : Charmant à mon image !
Liloo : Mais je vais laisser à ma merveilleuse grenouille bleue le soin de narrer son histoire.
GB : Elle grandit dans l'amour de ses parents chéris et devint une grenouille épanouie qui s'avéra très douée pour faire des blagues idiotes et traumatiser le commun des mortels.
Mais, alors que tout se passait pour le mieux ; papa schtroumf, par un beau jour de printemps, disparu dans la nature.
Désespérées, les deux grenouilles pleurèrent longtemps sur leur sort, qui avait fait du schtroumf un horrible papa indigne
Liloo : Et elles décidèrent de repartir a sa recherche en l'appâtant avec une boule d'or !
GB : Et comme elles étaient fort courageuses, elles bravèrent tous les dangers pour retrouver le lâcheur….
Liloo : …Et le ramener a la maison à coup de palme au derrière
GB : Après s'être vu menacé par une paire de tronçonneuses ;
Le schtroumf, tout repenti revint à la maison
Pour ne plus jamais la quitter
Et ils vécurent heureux pour toujours !! O_O
Liloo : Yeah !
Version édulcorée :
Il est une histoire qu’on raconte, lorsqu’on se revendique une grenouille avertie. Elle m’a été comptée par une jeune mère et par sa petite fille qui avait une peau joliment indigo.
« Voici une histoire, dit la reinette verte, qui me tient fort à cœur :
Once upon a time, une gentille grenouille croassait près d’un bassin, un schtroumf vint qui l'aborde et lui parle en ces thermes :
"La boule d'or de ma mie est tombée dans la fontaine, veuillez m'aider a la chercher ayant la phobie de l'eau je ne peut pas me baigner"
La gentille grenouille, d’une grande générosité lui répondit : "Mais bien sur"
Et sans hésitation, la voila qui plonge, nage jusqu’au fond du bassin et ramène la boule d’or du petit schtroumf déconfit.
"Voila votre boule d'or" fit-elle avec gaîté
Le schtroumf gougeât part sans la remercier mais il revient plus tard car sa mie l’a congédié. Et ce qui devait arriver arriva : il tomba amoureux de la sublime grenouille.
Voila comment s'est passée la rencontre entre ton père et moi, » fit la reinette en se retournant vers sa fille.
« Après de nombreuse soirée dans diverse restaurant avec beaucoup d'étoiles ils donnèrent naissance à un être adorable : une jolie grenouille bleue dont le premier mot fut "croumph" mélange de schtroumf et de croa. »
« Et c’était moi ! » s’écrit l’enfant. « Charmant, à mon image ! »
« Je vais maintenant laisser à ma merveilleuse grenouille bleue le soin de narrer son histoire »annonce la mère en se reculant d’un pas.
La jeune fille se racle la gorge, et commence :
« Elle grandit dans l'amour de ses parents chéris et devint une grenouille épanouie qui s'avéra très douée pour faire des blagues idiotes et traumatiser le commun des mortels.
Mais, alors que tout se passait pour le mieux papa schtroumf, par un beau jour de printemps, disparu dans la nature.
Désespérées, les deux grenouilles pleurèrent longtemps sur leur sort, qui avait fait du schtroumf un bien horrible père. »
« Puis elle décidèrent de repartir a sa recherche en l'appâtant avec une boule d'or. » annonce la reinette verte « Et comme elles étaient fort courageuses, elles bravèrent tous les dangers pour retrouver le lâcheur et le ramener a la maison a coup de palme au derrière. »
« Après s'être vu vertement réprimandé, le schtroumf tout repentit, revint à la maison pour ne plus jamais la quitter. » Raconte la grenouille bleue.
« Et ils vécurent heureux pour toujours ! »
Le Grand Quiz D.Gray-Man !

Petit jeu : retrouvez à quels mangas appartiennent ces fragments de synopsis ^0^
A) Un jeune garçon, à la suite d’un incident dans sa petite enfance, trouve ses membres modifiés, mais acquiert un pouvoir qui le distingue de la caste militaire particulière qu’il vient d’intégrer. Dans un monde occidental à l’atmosphère relativement gothique/victorienne, et fortement parfumé aux références religieuses, il réalise que cette caste ne fait pas que le « bien » ou le fait selon des méthodes qui ne lui conviennent pas toujours. Néanmoins, épaulé par son amie/amoureuse d’enfance et hanté par le douloureux souvenir de sa tentative ratée de résurrection parentale, il réussira à progresser dans la voie qu’il s’est choisi … L’humour sera en grande partie apportée par un de ses supérieurs, un binoclard sympathique et complètement gaga d’une fille placée sous sa responsabilité(sa fille/sa sœur).
1)Full Métal Alchimist.( Arakawa Hiromu. Publié chez Kurokawa)
2) D.Gray-man (Hoshino Katsura. Publié chez glénat)
3)Les deux
B) Adolescent, il peut voir ce que les autres ne voient pas. Dans son épopée pour protéger ceux qui lui sont chers, il devra combattre des monstres biscornus qui sont en réalité autant d’âmes humaines dépassées par leurs sentiments les plus noirs et subissant des métamorphoses évolutives augmentant leur pouvoirs. La manifestions des pouvoirs du héros subira également pléthore de transformations physiques, toutes l’occasion de prendre des poses de « regardez j’en ai un gros » (sabre/bras)
1) Bleach (Tite Kubo. Publié chez glénat)
2) D.Gray-Man (Hoshino Katsura)
3) Les deux
…
Ceux qui sont un peut habitués au manga le savent, la présence dans la même phrase d’un synonyme de « ressemble à » et du titre d’un shonen n’est pas bon signe. Généreusement abreuvé à la source de Full Metal Alchimist et Bleach D.Gray Man souffre de la comparaison. Shonen très « premier degré » (sauf dans le look du méchant ultime, qui a tout du toon et affectionne les hauts-de-forme), il n’a pas l’ironie du bleach des débuts ni l’originalité d’un FMA , et lorsqu’il veut développer son ambiance un peu « dark » il tombe dans les classiques mélodrames tire-larme étirés à l’infinie. On y trouve, en plus, l’ultime bastion du prétexte scénaristique éculé: la prophétie. Aussi sympathique que soit son héro, les grosses ficelles qui le rendent classieux ont un lourd goût de déjà-vu, et on est parfois un peu lassé de le voir être tenace/buté/poseur/près à tout pour ses amis. Coté personnage, la galerie sent un peu la naphtaline.
_Un archétype du rival ténébreux que-si-tu-le-vois-en-vrais-je-te-donne-deux-minutes-avant-que-tout-le-monde-ne-lui-enfonce-la-tronche-dans-les-toilettes-parcque-c’est-pas-dieux-possible-d’être-à-ce-point-une-tête-à-claques (genre Tao Ren, on va continuer sur shaman king ça marche bien)
_ Un petit rigolos au look street-wear (Horohoro, vous connaissez)
_ Une jeune femme toujours dépressive, prête à dire qu’elle ne vaut rien et à bader a mort, sosie de la mère du singe dans Fruit Basket.
_ La petite copine du héro (innovation Loréal : elle se bat toute seule, même qu’elle sauve des gents et pas que des mamies et des chiens perdus. En plus il s'en faut de peu qu'elle ne fasse des combats normaux
= Bon point.
Mais elle est limite médium, fait des cauchemars, ambiance « l’apocalypse est proche et j’en rêve la nuit » et pleur souvent
= Mauvais point. Cliché a mort)
Même le dessin fait penser à du simili Hikaru no go, et pour cause l’auteur a été assistant aux cotés d’Obata. Ca ne vaut pas l’original, mais pour un premier manga, c’est chouette. On apprécie surtout la clarté des scènes d’action.
Le chara design lui aussi est sympa sans casser des briques. Dans un univers imaginaire (là encor trop proche de FMA), on aurait pu espérer plus de fantaisie, ne serait-ce que pour parvenir à se démarquer de son modèle. Il faut rappeler que le tatouage facial n’a plus rien de novateur et que les capes « sephirot-like » on fait leur temps.
Pour conclure, D Gray man est efficace. Des méchants polymorphes, un univers qui s’enrichit ; des super pouvoirs trop mortels de dieu ; un héro plutôt réussi ( même s’il emprunte beaucoup trop à Edouard de Full Metal Alchimist pour être honnête (jusqu’aux running gags sur son coté nabot -_-‘’)); des méchants biens méchants ( Rhode ) ; une jolie héroïne n’ayant jamais porté de toute sa vie que des minijupes, des crucifix et du noir partout :
Il s’agit là d’un shonen dynamique avec une esthétique un peu goth en plein dans la mode et pas plus tarte qu’un autre. D.Gray-Man serait donc un bon cru du genre s’il prenait simplement la peine de développer le minimum syndical d’originalité. Et encor je n’ai pas été très méchante en présentant les similitudes de scénario, mais il est assez navrant de constater à quel point le mangaka s’est passé de tout effort.
A offrir à votre cousin, celui qui écoute Slipknot, ne se lave pas les cheveux et débute dans le manga. Ou à vous si vous êtes en manque grave de shonen. Mais par acquis de conscience, privilégiez Full Metal Alchimist : Le manga est en cours de publication, il est drôle, il propose d’autres rebondissements que de la série animée sans perdre en qualité et les idées qu’on trouve dedans viennent vraiment de la mangaka, ce qui reste, à mon avis, la base pour ne pas s’ennuyer pendant sa lecture^^.

28 septembre 2006
Renaud
1973/74 : époque Dandy chanteur des rues |
|
![]() |
Cette année-là, Renaud va vivre son "
époque Dandy " : chemises en dentelles, cravates lavallières,
il fréquente les hauts lieux de Montparnasse… C'est à cette même époque qu'il fait la manche dans les cours d'HLM, sur les marchés, devant les bistrots etc.. Il gratouille sa guitare et pousse ses chansonnettes ainsi que tout le répertoire de Bruant, Fréhel, etc…, accompagné à l'accordéon par son ami Michel Pons. Ces deux p'tits jeunes à la gouaille de gavroche plaisent bien. Alors qu'ils se produisent devant le " Café de la Gare ", ils sont repérés par Paul Lederman, le producteur de Thierry Le Luron et de Coluche, qui les engage en première partie de Coluche au Caf'Conç' (sous le nom des P'tits Loulous), un music-hall sur les Champs-Elysées. Mais Renaud refuse d'enregistrer l'album que Paul Lederman lui propose (mi-reprise, mi-création). |
|
1975 le premier disque : (et c'est pas pour de rire…) |
|
| Au Caf'Conç, un soir, Jacqueline Herrenschidt et
François Bernheim (lesquels signeront la musique de " Ecoutez-moi
les gavroches ") lui proposent d'enregistrer un disque de ses propres
chansons, il accepte (Hexagone, Société tu m'auras pas,
Amoureux de Paname, etc…). "Amoureux de Paname" est né.
Bien que réalisé avec de petits moyens, et malgré une critique peu favorable des journaleux, le disque se vend. Mais Renaud croit que c'est pour rire, il ne réalise pas vraiment qu'il a un talent caché et que sa découverte va être un grand pas pour l'avenir de la chanson française. |
![]() |
1977 : "Laisse béton" |
|
![]() |
Après quelques concerts en province (avec Gilou,
l'accordéoniste de Pierre Perret), "Laisse béton",
le deuxième album de Renaud, sort enfin. Totalement différent
du premier. Dans ce disque, on trouve la puissance d'écriture qui
lui est propre. Il chante la zone, l'amour, les bandes de jeunes, nous
fait découvrir le verlan et son amour pour la banlieue et les loubards. Cette même année, il continue sa carrière de comédien dans une pièce de Martin Lamotte intitulée : " Le secret de Zonga ". Il joue à " La Veuve Pichard " (aujourd'hui " Le point virgule ") toujours dans le Marais, son quartier fétiche à cette époque-là. C'est ici qu'il rencontre Dominique qu'il épousera plus tard. |
|
1978 : la découverte |
|
| En avril 1978, le nouveau venu de la chanson française monte sur la scène du Printemps de Bourges et fait un tabac à la suite de son tube : " Laisse béton " dont le 45 tours s'est très bien vendu… une star est née ? | |
|
1979 : "Ma gonzesse" |
|
| Troisième album de Renaud, toujours dans le même
style que " Laisse béton "... "Ma gonzesse" (chanson d'amour dédiée à Dominique), mais aussi "Chanson pour Pierrot", (qui décrit un fils que Renaud invente et aime), "J'ai la vie qui m'pique les yeux", chanson triste et douce, "Peau aime", jeu de mots, d'humour et de démystification. Quelques chansons, qui " bougent " un peu plus, se trouvent aussi sur cet album ("Ch'timi rock", "C'est mon dernier bal", etc.… ). |
|
|
Première grande salle parisienne |
| Après les cafés théâtres et les sombres rues, Renaud se produit enfin sur une vraie scène parisienne : " Le Théâtre de la Ville ", une salle de huit cent personnes certes, mais pleine tous les soirs pendant cinq jours… Un très bon début ! |
1981 : l'arrivée de Tonton et le retour de Gérard Lambert |
| 13 ans après mai 68, un autre mois de mai historique, mai 81,
le 10 exactement, Tonton (François Mitterrand) est élu.
La Gauche prend le pouvoir et Renaud sort un nouvel album : " Le
retour de Gérard Lambert ", un album assez teigneux aussi.
"Manu", une chanson triste, d'un pauvre type largué,
"La blanche" l'histoire de Michel (Pons, Roy, Colucci ? ? ?),
un drogué désespéré, "Soleil immonde",
chanson écrite et composée par Coluche, "Oscar",
pour l'admiration de son grand-père mineur, un peu d'humour avec
"le père Noël noir", description des petites gens
avec "Mon beauf" et "Banlieue rouge", etc.…
Encore un disque de bonne qualité qui se vend très bien. |
|
1982 : un Olympia pour lui tout seul |
|
| Adieu loubard ! En 1982, à l'Olympia, Renaud ne fait pas ses adieux à la scène : il fait ses adieux à une période. Il donne ses derniers concerts " loubards "… Finie l'agressivité de "Marche à l'ombre" et "Gérard Lambert" : il donne un récital teigneux pour la dernière fois, il ne veut plus se donner cette image de voyou qui lui colle à la peau depuis quelques années. Le double album "Un Olympia pour moi tout seul" est le dernier de Renaud-loubard, la pochette est pourtant la plus zone de toutes. Renaud a un air très méchant avec un blouson noir, sur un fond noir. Pas de jeux de scène sophistiqués, pas encore, juste une guitare en bandoulière, les jambes arquées, un peu plus de musiciens qu'à Bobino (des choristes), toujours Jean-Louis et Amaury (qui est toujours fâché), et toujours des salles remplies. |
![]() |
|
1983 : Renaud la tendresse |
|||||||||||||||||||||
![]() |
Après l'époque loubard, voici l'époque
tendresse. Renaud sort un nouvel album, enregistré à Los
Angeles. " Morgane de toi " est le 6ème album de Renaud,
le dernier chez Polydor. Un album différent des autres, autant
musicalement qu'au niveau des paroles, toujours la révolte et l'anti-militarisme
("Déserteur", "2ème génération"),
l'humour ("Près des autos tamponneuses", "Doudou
s'en fout", etc..), l'amitié ("Loulou", "Pochtron"),
le grand large ("Dès que le vent soufflera"…). Mais
surtout beaucoup de tendresse ("En cloque" et "Morgane
de toi"). La pochette du disque (photo David Séchan) est d'un style complètement différent des précédentes, image de force et de fragilité, Renaud porte sa fille dans ses bras. Serge Gainsbourg (le grand Gainsbarre) a réalisé un clip superbe pour la chanson Morgane de toi.
Charlie hebdo De 1992 à 1996, Renaud a écrit chaque semaine une chronique dans Charlie hebdo. Deux recueils sont sortis : " Bille en tête " et " Envoyé spécial chez moi ".Il a fait une tournée en Bosnie avec Philippe Val. |
||||||||||||||||||||
J'avoue que je me suis pas fatiguer pour la bio je l'ai prise sur son site officiel. Sacher juste que ceci est temporaire le temps d'en refaire une vraie avec mes petite mimines. Peut-être qu'elle seras moins compléte que celle ci mais elle auras le merite d'être personnel. En attendant la catastrophe je vous laisse vous regaler avec celle ci
25 septembre 2006
Voyage Voyage: Trieste! (la mer amère)
Cela aurait pu être une nouvelle rubrique. Quelque chose comme « tourisme », ou « destinations de vacances ». Cela aurait pu. Mais ici, foin de ces lieux à la mode, ou consacrés, ces lieux « hype », « branchouilles », cultureux » ou « authentiques » ! Il ne s’agit pas de parler de Barcelone, Londres, Berlin ou Venise. Parce que Trieste, dit comme ça, ça doit pas exciter les foules. Pas exactement la destination de rêve à première vue. Trieste n’est immédiatement associée à rien de connu, rien de particulier. On en aurait de grandes difficultés à la situer… Alors pourquoi Trieste ? Pourquoi parler de cette ville en particulier ? Peut-être déjà, parce qu’étant sur un blog, plutôt que de faire l’article de ce qui a maintes fois été dit et redit, il m’a paru plus intéressant d’évoquer des choses plus rares, mais surtout plus précieuses pour celui qui parle. Et Trieste, en plus d’être rare dans les discours, est devenue, depuis trois ans que j’y passe quelques jours, à peine quelques semaines chaque été, en quelque sorte ma seconde patrie.
Alors Trieste, tout d’abord, c’est là :
C'est-à-dire quasiment nulle part. Trop loin de Milan ou Venise pour constituer un crochet dans en se rendant dans ces villes. Mais trop proches d’elles pour rivaliser et proposer une véritable destination alternative. Un lieu sans lieu, un endroit totalement frontalier, ayant changer d’appartenance nationale plusieurs fois au cours du siècle dernier. De l’Autriche Hongrie à l’Italie, en passant par la scission de sa région, l’Istrie, aujourd’hui croate. Ce n’est donc pas une ville proprement italienne quand on la regarde. Un ancien port d’Empire, de hautes bâtisses d’aspect saxon. Mais l’Adriatique à ses pieds, et ses collines, ses ruelles étroites quand on remonte vers les paroisses, et le linge qui pend le long des façades, comme à Rome ou Naples, comme au sud du sud de la Botte. Ville traversée par des frontières, par des populations diverses donc, mais une ville avec comme centre une Place de l’Unité où il faut avant tout s’arrêter. Là, quelque chose indubitablement se passe. Là se rencontrent une foule variée dans laquelle l'idée même de recourir à des repères perd son sens. Ville de frontières physiques, Trieste est également ville de frontières mentales, cadre d'une expérience psychiatrique unique en Italie, rare en Europe, où les malades circulent librement, dans un milieu ouvert et non pas seulement fermé. Un blog ayant un nom comme le nôtre ne pouvait ignorer l'existence d'un tel lieu...
Culture d’abord (non non, il ne s’agit pas de faire fuir les foules, au contraire, réglons d’emblée cette question qui n’est pas la plus importante concernant la ville) : Trieste a attiré de nombreux écrivains européens. Si l’on entend souvent chanter la voisine Venise (hou!! hou !!), Svevo, Joyce, Nabokov, Rilke ou encore Stendhal (qui a son escalier dans la ville) ont été fasciné par ce lieu. Alors oui, ce n’est pas un critère, mais ça incite quand même à aller voir d’un peu plus près. L’arrivée en train sur la ville est un réputé pour être l'un des plus beaux panoramas sur l’Adriatique. Et le site remonte à l’époque romaine, avec un amphithéâtre donnant sur la mer originellement (ici la ville a gagné sur la mer…). Et ce "haut lieu antique" a finalement conservé un usage assez proche de son usage primitif, puisque certains étés il se change en boite de nuit de plein air. En dehors de ça, côté culture… comment dire… c’est davantage de l’ordre de l’esprit que de l’ordre du monument… et c’est cela peut-être qui a attiré et retenu là ces artistes. C'est en tout cas ce qui moi ma fasciné une fois arrivé là-bas. Cet esprit, on le sent dans un souffle d’abord, dans ce vent, la Bora, qui court les ruelles, dévale les pentes des collines jusqu’à la mer, semble afin de donner au sel un goût nouveau, plus tout à fait salé, déjà autre, et qu’il véhicule ainsi tout au long de la journée à travers toute la ville. Ainsi, c’est surtout une sorte d’amertume qui fait cette Unité de la ville, l’amer habitant ses plus intimes expressions, aiguillonnant subtilement le visiteur, mais l’accrochant irrémédiablement, le liant à la ville pour l’éternité, lui enjoignant de revenir par delà la distance qu’il aura creusé après son départ, ancrée au plus profond des saveurs, resurgissant au détours de tel ou tel met dont lecaractère amer, une fois isolé et identifié, ne peut en fin de compte que rappeler Trieste qui l’incarne désormais àj jamais dans l'esprit de celui que cette ville a charmé. Ce n’est donc pas un hasard si Trieste a érigé trois boissons, ponctuant chacune un moment de la journée, en symboles de sa nature, comme pour réaffirmer sans cesse l’identité du lieu.
Café. Le café est une des grandes spécialités de Trieste, comme en témoigne la très grande quantité de torréfacteurs engendrés par la ville. Le début de journée consiste à descendre prendre un espresso, soit dans l’épicerie au coin de la rue, brûlant, extrêmement concentré, soit dans une des institutions, populaire comme Cremcaffè, où les tasses, bues au comptoir, disparaissent ensuite sur un tapis roulant, historique comme Tommaseo, ou chic comme Illy dont l’héritier fut maire de la ville, et président de la région, et où l’on trouve des collections de tasses, séries limitées commandées chaque années à des artistes, confirmés ou débutants (Jeff Koons, Rosenquist, Coppola, David Byrne, Pistoletto, Louise Bourgeois, Buren, ou encore Jan Fabre cette année). La spécificité de la ville est de proposer des « capi », sorte de minuscules cappuccino servi dans des tasses à espresso, vératables nectars réussissant à condenser en une unique gorgée amertume, onctuosité.
Spritz. Trieste tire de son passé autrichien un apéritif idéal pour la période estivale : le spritz al’aperole. Du vin blanc, un peu de soda, et de l’aperole, liqueur légèrement amère, le tout dans un grand calice rempli de glaçons. Cette boisson, que l’on ne trouve que dans le nord de l’Italie, est pour moi l’une des essences de la ville. L’amertume de cette boisson apéritive, du midi ou du soir, selon l’état dans lequel on se trouve ou que l’on souhaite atteindre, renverse celle du café par la fraîcheur qui la caractérise, comme un nouveau visage de la ville, un nouvel éclairage sur sa nature. C’est cette amertume, la même mais différente qui définit bien Trieste, ce paradoxe d’une saveur que l’on fuit d’abord, mais à laquelle l’on revient inlassablement, sorte de goût pervers dont on ne peut se défaire, et que l’on cherche et retrouve sous des formes diverses. Et pour faire l’expérience de ce spritz, je ne saurai trop vous recommander Circus ou dall’Alvale cette année, où pour moins de trois euros le verre est généreusement accompagné de grissins, d’olives, ou de petites salades de riz ou de blé.
Negroni. La boisson du soir, c’est incontestablement le Negroni. Martini, Gin, Bitter Campari, en part égales. Là encore, c’est l’amertume qui domine, mais sous une nouvelle forme, à nouveau amer changeant. Chaleur du gin, et froid des glaçons. Toute la journée reprise et mélangée, mais vers un état neuf. Synthèse d’une amertume qui fait mon bonheur lorsque je suis à Trieste, mais qui en dehors de cette ville est comme rendue à elle-même, cette amertume qui pèse tant au jour le jour et qu’il me semble pouvoir dompter, domestiquer et goûter là-bas seulement. Légèreté grisante qui monte doucement à mesure que le verre se vide, que la conversation s’anime, au Rex, à l’Urbanis, ou à la terrasse de l’incontournable Audace, au cœur de la ville, place de l’Unité, face à la mer dans laquelle tout Trieste paraît devoir se jeter et sombrer, de son propre élan ou poussée par la Bora, courant depuis les hauteurs à travers les rues, s’amplifiant à mesure qu’elle se rapproche de l’eau et qui éclate arrivée à ce point de convergence qu’est la place, emportant tout avec elle, tables et verres, et les passants ayant oublié de s’accrocher à ces barres énigmatiques ancrées le long des façades, dont la fonction première semble être de sauver le marcheur imprudent surpris par ce vent capricieux, mais que je soupçonne n’être en fait qu’un ultime secours pour empêcher la ville elle-même de s’être déjà envolée.
24 septembre 2006
23 septembre 2006
Un cantique pour leibowitz
UN CANTIQUE POUR LEIBOWITZ
L'HISTOIRE
Aprés l'utilisation abusive de l'arme nucleaire le monde a presque été anéanti.....
puis
il a été plongé dans l'ignorance par la rage des hommes qui pour se
venger de la science qui avait devasté leur monde on brulé tout se qui
avait trait au savoir....
seul une poigné d'homme fait tout pour
sauvegardé se savoir par diverse moyens. Dont Leibowitz et tout les
hommes de son monastére des années et mêmes des siécles aprés sa mort.
Leur lutte contre l'ignorance qui s'instalent consiste a rassemblé tout les document écrit de ce qu'ils appélent l'ancien monde!
mais sauvegardé le savoir qui a mener à ce quasi annéantissement du monde n'est-ce pas en risquer un deuxiéme?
MON AVIS
Ce
livre apporte une réelle réflexion sur les vantages et les dangers des
progrés de la science. Mais ils permet surtout de se poser une question
qui a notre époque parait cruciale : "le danger de la science n'est il
pas dans l'utilisation qu'en fait l'homme?"
Ce livre est interessant
car il s'agit d'un livre de science fiction qui permet malgrés tout de
se questionner sur des problémes actuel!!!!!















